The Tree of Life

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De Terrence Malick

“The nuns taught us there were two ways through life – the way of nature and the way of grace. You have to choose which one you’ll follow.”(Mrs. O’Brien)

Synopsis : Jack, un architecte d’une grande ville moderne américaine se remémore son passé. A travers les souvenirs de son enfance, l’origine du monde est abordée. Dans les années 50, au Texas, au cœur d’une banlieue de la classe moyenne…

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Une famille austère et très croyante. Trois garçons. Un père rigide, autoritaire, étouffant. Une mère aimante mais écrasée par son mari. Jack a des relations tendues avec son père. Le fils favori du père se noie. A 19 ans, son second frère meurt (le film semble suggérer un suicide). L’incompréhension succède à la ferveur religieuse et éloigne les membres de la famille. De retour dans le présent, Jack comprend que les défaillances de son père sont le propre de l’humanité, par nature imparfaite. En renouant avec son père, il renoue avec Dieu. L’incompréhension cesse d’être un obstacle à sa foi. Il reçoit à nouveau la révélation de la grandeur cachée de l’univers.

Volontairement opaque, ce film part à la recherche de Dieu, de l’univers au cercle familial. La nature et la mère en sont les deux principales expressions. La nature, présentée comme un personnage à part entière au début et à la fin du film recèle une « grâce » qui semble être pour Malick l’expression même du divin. Cette nature englobe les planètes, la Terre, les animaux, les hommes et la végétation. La vie, la mort, le hasard sont au cœur de cette nature mystérieuse et insaisissable.

Au sein de la famille – incarnation de l’Eden perdu du héros-, c’est la mère, muette et aimante, qui représente l’amour infini de Dieu pour sa création, un amour qui ne demande rien et qui se donne entièrement. L’arbre de vie, c’est-à-dire la force de la vie, réside dans l’amour. Il ne tient qu’à l’homme d’accepter ce message, en aimant (la mère) ou de le rejeter pour y substituer des règles humaines destructrices (le père). Pour Malick, une vie heureuse suppose ainsi d’entrer en interaction avec la nature, c’est-à-dire en extrayant sa grâce et en la répandant. Le père est imperméable à la nature et c’est pour cela qu’il ne parvient pas à se comporter humainement avec ses enfants. Privé de lumière, il ne répand que l’ombre.

Malick oppose une spiritualité porteuse de sens et épanouissante (la mère) à une modernité écrasante et déshumanisante (le monde de Jack adulte). Sa critique de la civilisation moderne apparaît dans les errements du héros adulte dans ce monde vide de sens. Ce monde qui préfère se consacrer à des réalisations extérieures imposantes  plutôt qu’à l’exigence d’une recherche intérieure de Dieu plonge les individus dans la solitude et limite leur accès au divin. Pour Malick, la révélation divine nécessite que l’homme soit placé au coeur de la nature. Dès lors, cette modernité batisseuse ne peut que l’en éloigner. On ne peut que regretter le simplisme de l’association entre de grands ensembles architecturaux et le vide métaphysique. Malick résume la modernité à de grands halls d’immeubles au design avant-gardiste. Si pour les athées ce film présente un seul et modeste intérêt, c’est essentiellement celui de nous faire entrer dans la tête d’un néo-animiste. Peut-être une expérience mystique et poétique pour les autres.

Sur le plan formel, de belles scènes parsèment le film et les compositions musicales sont particulièrement bien choisies. Néanmoins, le manque de clarté de la démonstration, même pour un cinéaste-poète comme Malick nuit à la compréhension du film. Si pour lui opacité est synonyme de divin – les voies de Dieu sont impénétrables – , pour un spectateur qui ne partage pas sa transe mystique, il nous éclaire faiblement. On aurait aimé plus de métaphysique et moins de mysticisme. Il ne suffit pas de s’éloigner des canons d’Hollywood et d’avoir des prétentions intellectuelles pour faire un film intéressant. N’est pas Bergman qui veut.

Titre original : The Tree of Life. Réalisation : Terrence Malick. Acteurs principaux : Jessica Chastain (Mme O’Brien), Sean Penn (Jack adulte), Brad Pitt (M. O’Brien). Scénario : Terrence Malick. Musique : Alexandre Desplat. Pays d’origine : Etats-Unis. Date de sortie : 2011. Durée : 138 minutes (2h18). 2011 : Palme d’Or au Festival de Cannes. 2011 : Meilleur réalisateur pour Terrence Malick par la Los Angeles Critics Association.

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