Skyfall

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De Sam Mendes

« James Bond : Everyone needs a hobby…

Raoul Silva : So what’s yours ?

James Bond : Resurrection. »

Synopsis : Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond…

Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…

Les critiques ont été dithyrambiques au sujet du dernier Bond, certaines allant jusqu’à le qualifier de meilleur épisode de la série. La bande-son signée Adèle, l’idée d’un Bond vieillissant et désormais faillible (impuissant ?), un méchant titillant le macho Bond sur sa virilité, des James Bond girls en retrait, un retour sur l’enfance du héros, des seconds rôles savoureux et de beaux décors. Skyfall n’est pas dénué de qualités et d’originalité. Mais de là à en faire une réussite, il y a un bond que l’on ne saurait franchir. La classe et l’humour british (tellement bien incarnés par Sean Connery) font ici sévèrement défaut à Daniel Craig. Ralph Fiennes souligne ces défaillances tant il paraît plus élégant, plus fin, plus distingué. Au contraire, Craig compose un Bond certes bien bâti, mais dépourvu de la moindre nuance, plus proche d’un acteur américain de blockbuster d’action que de l’agent censé incarner le flegme charismatique anglais. Javier Bardem compose lui un méchant malsain et détraqué, un adversaire comme on les aime.

Le principal défaut de Skyfall tient aux défaillances du scénario. Si l’idée d’un Bond périmé dans une époque où les guerres se jouent de plus en plus par ordinateurs interposés était intéressante, on peut regretter qu’elle ait été insuffisamment exploitée et reliée à l’actualité. Par ailleurs, Sam Mendes a repris l’idée aujourd’hui courante dans les films d’action où un héros mis en échec se surpasse pour vaincre son adversaire (Gladiator, Spiderman, Batman….). D’emblée l’originalité n’est pas au rendez-vous. Face à ce Bond affaibli et humanisé, le choix du méchant s’avère également décevant. L’idée de l’agent devenu un traître à son pays par dépit a été surexploitée au cinéma, y compris dans la saga Bond (006 dans Goldeneye, ancien agent ayant trahi son pays après avoir été défiguré). Quant aux motivations du très méchant Silva, elles manquent de consistance et surtout d’intérêt. Tout ça pour se venger de M qui l’a donné aux Chinois lors d’une négociation. Alors que l’idée de la mère rejetant ce fils mal aimé aurait pu être creusée, elle aboutit ici à une scène ridicule où Silva, après avoir tenté maintes fois de la tuer, lui donne son arme.

Pour assister à une véritable résurrection, peut-être serait-il temps d’insérer des idées plus consistantes. Skyfall n’en demeure pas moins un divertissement plaisant pour un samedi soir.

Titre original : Skyfall. Réalisation : Sam Mendes. Acteurs principaux : Daniel Craig (James Bond), Javier Bardem (Tiago Rodriguez alias Silva), Judi Dench (M), Naomie Harris (Agent Eve), Bérénice Marlohe (Séverine), Ralph Fiennes (Gareth Mallory), Albert Finney (Kincade), Ben Whishaw (Q). Scénario : Neal Purvis, Robert Wade, Peter Morgan, John Logan. Musique : Thomas Newman. Chanson écrite et interprétée par Adèle. Pays : Royaume-Uni. Date de sortie : 2012. Durée : 143mn (2h23).

6 réflexions au sujet de « Skyfall »

  1. Merci pour cette critique que je partage tout à fait. On trouve un James bond bien paresseux dans skyfall, sans aucun souffle ni once de suspense…sans compter que je regrette pour ma part les James bond qui creaient des univers bien particuliers, comme octopussy. Javier bardem joue un méchant assez édulcoré, dont la principale caracteristique est son homosexualité, ce qui semble un peu trop léger:)

  2. Ma chère Liv, tu me dispenses donc d’une dépense inutile… Ce dernier Bond ne me semblait pas engageant du tout, eu égard aux retours de certains amis, tu confirmes la tendance ! Une avalance de grandes marques et d’effets spéciaux ne fait pas tout. Et puis, en tout subjectivité, Sean Connerie restera toujours LE 007 :-)

  3. Les « James Bond » forment un genre de films à part : on les compare en général aux épisodes précédents, pas à d’autres films (un peu comme le Beaujolais Nouveau, dont on se garde bien de le comparer à un autre vin). En fait, un James Bond est un film déjà formaté, qui doit s’inscrire dans le moule qui a été coulé dès le premier épisode. Et, pour chaque épisode, la question qui se pose à la réalisation du film est : comment se renouveler ? (Personnellement, si je vais voir le « dernier » James Bond, c’est pour avoir la réponse à cette question.)

    Pour le précédent, « Quantum of Solace », on avait voulu aller encore plus loin dans la représentation de l’action, en montant encore plus court, dynamique, saccadé. L’intéressant, c’est de voir que, comme dans d’autres arts, l’évolution conduit vers l’abstraction. Mais le spectateur, lui, attendait la fin des séquences cinématiques pour qu’il ait un peu de contenu à se mettre sous la dent…

    Dans « Skyfall », Bond est montré sous un jour nouveau, il devient mortel. Il vieillit. On le blesse, il souffre. Et même il a eu des parents, et son retour à Skyfall (j’allais écrire Xanadu – tiens ?) le confronte à son passé, à la mort de ses parents, et donc à la sienne, inévitable. (Ce qui ne rend pas Bond plus sympathique, d’ailleurs.)

    Dépassé, Bond se réfugie dans son passé : il ressort son Aston Martin de 1962, il concocte quelques machines infernales à base de dynamite, de clous et de poudre noire, et [spoiler] zigouille le grand méchant d’un coup de couteau (dans le dos, quelle élégance).

    Bond, le personnage, a vieilli, d’aucuns diront qu’il est en pleine crise d’obsolescence. Cette crise, en fait, c’est le sujet du film.

    Car depuis les années 90, l’Occident n’a plus d’ennemi déclaré (à part quelques intégristes qui présentent le double défaut de ne pas être cinégéniques et de ne pouvoir être représentés au cinéma sous risque de voir s’envoler une partie de l’audience). Plus d’ennemi, mais pourtant aujourd’hui la crise est là. Mais alors, il est où, notre ennemi ? Le film nous dit : notre ennemi est parmi nous. Mieux : notre ennemi, c’est nous.

  4. Contrairement à la majorité des critiques sur ce film de ce blog, j’ai vraiment bien aimé ce James Bond. Il faut dire qu’après le navet de « Quantum of Solace », je partais avec un très mauvais à priori et… J’ai été agréablement surpris.

    On voit un James Bond douter, alcoolique, incapable de se remettre physiquement de sa blessure lors de sa mission à Istanbul, psychologiquement atteint mais soutenu plus que jamais par M, figure maternelle de Bond. Cette confiance va l’amener a sa « résurrection » via un retour aux sources, à Skyfall pour vaincre le méchant Silva. Ce dernier je ne suis vraiment pas sur qu’il soit gay… Disons qu’il laisse au spectateur se faire sa propre opinion au moment de la capture de Bond sur l’île et il joue, justement, sur cette ambiguïté pour rentre encore plus faible Bond (échec). C’est d’ailleurs un méchant de l’ombre et bougrement intelligent : en piratant le réseau du MI6, en permettant la destruction du siège, en se faisant arrêté pour organiser sa propre libération afin d’atteindre M (qui explique justement au 1er ministre que les ennemis sont des ennemis de l’ombre).La James Bond Girl du film est jouée par la très jolie Bérénice Marlohe et même si son rôle est très secondaire, ces quelques minutes passées auprès d’elle vous charmeront. A noter qu’elle remplie sa fonction, à savoir, elle couche avec Bond et meurt. Une mention spéciale pour M (Judi Dench), omniprésente dans le film sauf si l’épisode asiatique. Elle aussi est rendue humaine par la relation qu’elle entretien avec 007. Sa mise en retraite « forcée » par le ministère de la Défense la pousse à agir avec ses sentiments pour laisser le MI6 en meilleur état qu’à son arrivée.

    Le scénario est simple et fluide. Moins original que « Casino Royale » mais beaucoup plus recentré sur la psychologie des personnages (Bond, M, Silva). Ce n’est certes pas le meilleur des James Bond mais je pense qu’il faut arrêter de le comparer avec un évènement passé et avec Sean Connerie. Nous ne sommes plus à la même époque et les thématiques ont évolué. Il ne faut pas oublier qu’avant tout un film se doit divertissant. Cette mission est spécialement réussie pour ce film, où même l’interminable scène finale nous tient en éveille (ce qui n’est pas toujours le cas avec 007). Les 2h23 passent sans problème (je l’ai vu deux fois). Daniel Craig représente très bien le James Bond du 21ème siècle. Un seul regret, la mort de M… Je l’aimais bien Judi Dench !

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