Magic Mike

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De Steven Soderbergh

                         »Will you welcome to the stage, the one, the only… Magic Mike! » (Dallas)

Synopsis : Mike a trente ans et multiplie les petits boulots : maçon, fabricant de meubles, etc…Il se rêve entrepreneur. Il est surtout strip-teaseur. Chaque soir, sur scène, dans un club de Floride, il devient Magic Mike. Lorsqu’il croise Adam, il se retrouve en lui, l’intègre au club et décide d’en faire le Kid. Mais le Kid a une sœur, qui n’est pas prête à trouver Mike irrésistible…

Attention vous entrez dans la zone spoiler.

L’univers du strip-tease est superficiel. Il aura fallu attendre le dernier film de Steven Soderbergh pour avoir cette révélation des plus inattendues. Des muscles, du sexe, de la drogue et des dollars résument ce microcosme censé incarner l’envers du rêve américain. Comprendre une société à travers ses strip-teaseurs, le pari était osé et finalement raté. La rédemption de Mike, de sa fascination au rejet de son mode de vie superficiel, manque cruellement de profondeur et son évolution de réalisme. Soderbergh cherche à nous plonger au cœur des défaillances de ce rêve perdu avec un semblant de profondeur.

A travers l’évolution parallèle de Mike et de son poulain, le Kid, Soderbergh souligne l’ambivalence- attraction/répulsion- de cette société américaine qui exalte la réussite par l’argent mais assèche les esprits. Mais l’univers du striptease était-il le mieux adapté à cette démonstration ? En misant sur les corps musclés d’un panel d’acteurs beaux-gosses hollywoodien, Soderbergh n’a-t-il pas lui-même sombré dans l’abime dénoncé, celui de l’argent facile acquis sur la superficialité ? Car, au final, une fois les corps luisants et musclés montrés, puis remontrés, puis reremontrés, que reste-t-il du scénario ? Pas grand-chose et c’est bien là le problème. Certes, les corps dénudés sont bien choisis, mais à quoi bon être un cinéaste avec des aspérités si c’est pour réaliser des films aussi creux ?

Pour donner une authenticité à son film, Soderbergh a mis en avant le parcours de son acteur principal, le rectangle Channing Tatum, ancien stripteaseur, qui a inspiré Magic Mike. Est-il suffisant de s’inspirer d’une vie pour qu’elle ait un intérêt ? Est-il suffisant que le cinéma s’empare d’un sujet pour qu’il devienne intéressant ? Assurément non. Mais depuis que des scénaristes américains en manque d’inspiration ont développé les projets basés sur des « histoires vraies », ce slogan est devenu une marque apposée sur nombre de scénarios sans intérêts. Soderbergh semble avoir pris cette voie.

Titre original : Magic Mike. Réalisation : Steven Soderbergh. Acteurs principaux : Channing Tatum (Michael « Magic Mike » Lane), Alex Pettyfer (Adam « le Kid »), Matthew McConaughey (Dallas), Joe Manganiello  (« Big » Dick Richie), Matthew Bomer (Ken). Scénario : Reid Carolin. Pays d’origine : Etats-Unis. Date de sortie : 2012. Durée : 110mn (1h50).

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