La Fontaine d’Aréthuse (La Soif)

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D’Ingmar Bergman

Synopsis : De retour de leur voyage de noce, dans un train qui traverse une Allemagne dévastée par la guerre, Rut et Bertil se déchirent…

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Rut se remémore sa vie. Ancienne danseuse classique, elle est tombée amoureuse d’un homme déjà marié, qui après l’avoir mise enceinte l’a délaissé. Au cours d’un avortement douloureux, elle est devenue stérile. Sa dépression l’a conduite à épouser Bertil bien qu’elle ne l’aime pas. Alors que sa femme repense au passé, Bertil fait un rêve au cours duquel il tue sa femme. A son réveil, un retournement se produit quand ils réalisent que malgré leurs difficultés, leur vie sera moins difficile à deux.

Bergman s’interroge sur la possibilité pour un homme et une femme de vivre ensemble. Sont-ils condamnés à se faire souffrir mutuellement ? Doivent-ils, comme le mythe grec de la fontaine d’Aréthuse, être éternellement empêchés de rejoindre la mer à cause d’un mur d’incompréhension ? L’héroïne a perdu sa joie de vivre quand son amant l’a quitté enceinte. La femme de son amant, en transigeant avec l’infidélité de son mari pour protéger ses enfants, a perdu sa dignité. L’ancienne maîtresse dépressive de Bertil, Viola, est sadiquement harcelée par l’homme auprès duquel elle était venue se soigner et finit par se suicider. Mais alors que Bergman semble avoir abandonné tout espoir d’une entente entre hommes et femmes, il conclut de manière étonnante. Certes, vivre en couple est loin d’être une situation idyllique, mais le vrai enfer réside dans la solitude. Mieux vaut affronter les difficultés de la vie à deux.

Intéressante démonstration, qui manque parfois de finesse. La faiblesse du film réside dans ses personnages, trop stéréotypés et insuffisamment approfondis. On ne comprend pas précisément pourquoi Viola, la jeune femme suicidaire est dans un état d’hystérie permanente, ni pourquoi son médecin joue un rôle de satyre sadique. Le film a également un parti pris discutable avec d’un côté des hommes majoritairement dominateurs et de l’autre des femmes présentées comme des victimes. Toutes ont été brisées par des hommes : la femme bafouée par son mari, la femme trahie par son amant, la femme devenue lesbienne pour échapper à l’emprise des hommes et la femme hystérique suicidaire que les hommes essaient de dominer. A croire que les femmes suédoises dans l’après-guerre étaient toutes des hystériques et ce par la faute des suédois.

Titre original : Törst. Réalisation : Ingmar Bergman. Acteurs principaux : Eva Henning (Rut), Birger Malmsten (Bertil). Scénario : Herbert Grevenius d’après le livre de Birgit Tengroth. Musique : Erik Nordgren. Pays d’origine : Suède. Date de sortie : 1949. Durée : 83 minutes (1h23).

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