Footloose

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 De Herbert Ross

“If our Lord wasn’t testing us, how would you account for the proliferation, these days, of this obscene rock and roll music, with its gospel of easy sexuality and relaxed morality?” (Le reverend Shaw Moore)

Synopsis : Un lycéen de Chicago, Ren, emménage avec sa mère dans une petite ville pieuse et conservatrice de l’Utah. Il bouleverse la vie locale en remettant en cause une loi interdisant de danser et de chanter en public…

Attention vous entrez dans la zone spoiler.

Opposé au pasteur baptiste, dont les sermons vilipendent violemment la danse et la musique, il tombe amoureux de sa fille, Ariel. S’ensuit un bras de fer au sujet de la tenue d’un bal de fin d’année, entre les lycéens, menés par Ren et Ariel, et le pasteur, directeur de conscience de la communauté. Le conseil s’oppose au bal. Mais, le pasteur finit par se laisser convaincre et consent à l’organisation de la soirée dans une commune adjacente.

Le film a deux lectures possibles. Une première qui suit les aventures d’un groupe de jeunes rebelles flirtant avec la mort par ennui et se défonçant dans la danse et la musique. En résumé, une énième histoire de jeunes rebelles désœuvrés. Cette lecture a peu d’intérêt. Une seconde lecture fait de la danse et du chant des reconquêtes d’une liberté confisquée par une communauté religieuse intégriste. C’est cette interprétation qui nous intéresse. Elle fait apparaître la fermeture d’esprit et le repli religieux de certaines petites villes américaines. Dès le début du film, le ton est donné. Les membres de la communauté désapprouvent un livre trop osé à leur goût et cherchent à l’interdire. Méfiant vis-à-vis des idées et en particulier de celles du reste du monde, la communauté en vient ainsi, dans une scène de délire collectif à brûler les livres jugés offensants.

Malgré une trame scénaristique intéressante, Footloose pâtit d’une certaine bien- pensance hollywoodienne qui tend à édulcorer le message du film. En premier lieu, le manque d’épaisseur des personnages nuit à sa démonstration. Ensuite, le revirement final du pasteur est beaucoup trop soudain pour être crédible. Enfin, pour une comédie musicale, on aurait aimé davantage de scènes de danses, en particulier lors du bal.

Dans le genre de film mettant en scène l’obscurantisme religieux aux Etats-Unis, voir Le procès du singe. Ce film porte sur le procès ayant opposé en 1925 des anti-darwiniens fondamentalistes chrétiens à un professeur enseignant le darwinisme. Cette thématique est particulièrement d’actualité alors que des Etats américains obligent actuellement des professeurs à enseigner sur le même plan la théorie de l’évolution et la théorie obscurantiste de l’Intelligent Design.

Titre original : Footloose. Réalisation : Herbert Ross. Acteurs principaux : Kevin Bacon (Ren), John Lithgow (Shaw), Lori Singer (Ariel). Scénario : Dean Pitchford. Musique : Kenny Loggins. Pays d’origine : Etats-Unis. Date de sortie : 1983. Durée : 110 mn (1h50).

Une réflexion au sujet de « Footloose »

  1. C’est quand même un peu gênant qu’un film qui se dise être une comédie musicale ne comporte finalement que deux ou trois scènes de danses sur fond musical :-) Mais sinon je suis d’accord avec le fait que ce film est probablement un portrait assez réaliste à la fois de la fermeture d’esprit et du peu d’aspiration à la liberté qui anime les gens…sauf ces jeunes qui même s’ils n’ont pas l’air d’être particulièrement vifs et éveillés, ont quand même ce désir de faire ce dont ils ont envie et ont la capacité de contester des normes sociales leur semblant illégitimes et stupides.

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